Dutch Berries : Peut-on faire un peu mieux ?

Le plus grand producteur néerlandais de fraises sous serre fait le choix du CO2 durable
Alimentaire & Pharma
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2 mars 2020

Dutch Berries fait partie du groupe Gijbert Kreling, qui compte cinq sites de production, avec au total 50 hectares de serres. Jusqu’il y a peu, le groupe cultivait uniquement des fraises Elsanta mais, à partir de 2020, ils produiront aussi la variété Malling Centenary. Outre les fraises, le groupe fait également pousser des kalanchoés et des chrysanthèmes.

Dutch Berries se distingue par son volume de production élevé, qui doit permettre de diminuer le prix de revient du kilo. Sur le site de Zuilichem, on peut voir dans la pratique en quoi consiste cette approche.  Ainsi, deux serres de fraises – les plus grandes des Pays-Bas – qui font chacune pas moins de 10 hectares s’y trouvent. À l’intérieur, on retrouve 200 km de gouttières, 400 km de tuyaux de chauffage et 2,2 millions de fraisiers. Le coût de l’ensemble : plus de 40 millions d’euros. Dutch Berries vise un volume de récolte de 1 800 tonnes de fraises au printemps et de 900 tonnes en automne.

C’est considérable, mais la demande du marché est encore plus importante. C’est la raison pour laquelle Dutch Berries a déjà démarré la construction d’une serre supplémentaire de 4 hectares. Une extension d’environ 12 hectares sera éventuellement possible au même endroit.

Gestion de l’énergie

Les serres à Zuilichem sont chauffées avec une énorme chaudière au gaz naturel d’une capacité thermique de 19.000kW. Celle-ci est reliée à un réservoir d’eau chaude de 5,5 millions de litres. « Cela nous permet de chauffer pendant la journée et d’utiliser immédiatement le CO2 libéré pour les fraises », précise Boudewijn van der Wal, Directeur Financier du groupe Gijbert Kreling. « Durant les mois plus froids, nous voulons pouvoir ajouter de la chaleur pendant la nuit, mais sans passer par le  CO2. Nous utilisons donc la chaleur provenant du réservoir d’eau chaude. »

« Au cours des mois d’été, la situation devient plus complexe, car nous n’avons pas à utiliser la chaudière. Mais cela signifie qu’il ne se forme pas non plus de CO2, et nous devons donc aller le chercher ailleurs. Sans cela, notre capacité de production diminuerait de 30 %, ce qui n’est pas rien. »

Sources de CO2 alternatives

« La question du CO2 se pose aussi si nous envisageons de passer aux sources d’énergie non fossiles pour le chauffage de nos serres. À terme, notre secteur doit complètement abandonner le gaz mais ce n’est possible que si nous disposons de suffisamment de CO2 issu de sources alternatives. Et cela doit naturellement rester abordable. »

« En théorie, nous pourrions passer à la géothermie, mais le sol à Zuilichem ne s’y prête pas. Une autre possibilité est le chauffage électrique, mais la puissance nécessaire dépasse largement la capacité maximale du réseau électrique ici dans la région. Et cela ne se modifie pas facilement, bien sûr. Globalement, je pense que nous sommes encore bloqués pendant un certain temps avec le système de chaudière au gaz et la cogénération. »

Air Liquide livre du CO2 aux exploitations horticoles – telles que Dutch Berries –, qui est issu de la combustion de déchets ménagers. Le CO2 est généré en tant que sous-produit et est capté avec une installation spéciale. Le CO2 est ensuite assaini et liquéfié, pour être finalement transporté en camions-citernes jusqu’aux horticulteurs.

Pourquoi Air Liquide ?

« Nous avons entendu parlé d’ Air Liquide par l’intermédiaire d’un collègue producteur, qui nous a fait part de son expérience positive avec l’entreprise. Aujourd’hui, nous disposons d’un réservoir Air Liquide pour le CO2 liquide sur les trois sites où nous produisons des fraises. Ces réservoirs sont équipés d’un système permettant de consulter le contenu à distance. Nous pouvons ainsi surveiller efficacement notre stock. »

« Air Liquide a livré le hardware nécessaire pour pouvoir convertir le CO2 liquide en gaz, et pour pouvoir transporter le gaz jusqu’aux points d’injection. Nous sommes particulièrement satisfaits qu’Air Liquide ait tenu compte au maximum de nos souhaits lors de la conception et de l’exécution des installations techniques. À cet effet, ils apportent également une assistance technique de qualité. Ainsi, nous avons encore étudié ensemble récemment la quantité nécessaire de CO2 par mètre carré par heure dans les serres. Bien sûr, Il existe des modèles théoriques pour cela, mais il est judicieux de faire des ajustements à force de pratique. »

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