L’entreprise Glastuinbouw arrête l’utilisation du gaz naturel

Le CO2, la solution prometteuse et à succès
Alimentaire & Pharma
|
4 novembre 2019

Glastuinbouw Nederland veut mettre progressivement un terme à l’utilisation des combustibles fossiles dans les entreprises d’horticulture en serres, afin que le secteur réduise ses émissions de CO2. Mais avant d’en arriver là, il convient d’abord de résoudre un problème important. En effet, en renonçant aux combustibles fossiles, le secteur risque d’être confronté à une pénurie de CO2. Quoi de plus ironique…

Glastuinbouw Nederland est une association professionnelle à but non lucratif qui défend les intérêts de près de 70 % du secteur horticole aux Pays-Bas. L’association a pour objectif de réunir les parties – les entreprises d’horticulture en serres,  les fournisseurs et les pouvoirs publics – et travaille notamment pour conseiller le gouvernement. Une autre tâche importante de Glastuinbouw Nederland consiste à développer et transmettre les connaissances, entre autres sur le plan de la transition énergétique.

Le dilemme du CO2

Dennis Medema, spécialiste en innovation chez Glastuinbouw Nederland, explique comment le secteur veut, d’une part, réduire ses émissions de CO2 et, d’autre part, continuer à disposer de suffisamment de CO2 pour son propre usage :
« Nous collaborons depuis des années avec les pouvoirs publics. Nous avons des objectifs fixés de réduction d’émissions de CO2 dans notre secteur pour 2020. Si nous n'atteignons pas ces objectifs, nous devrons payer pour ce que nous avons trop émis »

À l’heure actuelle, le secteur horticole en serres représente 8 % –  ce qui représente environ 3 milliards de m3 – du gaz naturel consommé chaque année aux Pays-Bas. Dans la plupart des cas, il est utilisé comme combustible pour la cogénération. Cette cogénération produit de l’électricité, de la chaleur nécessaire pour les serres et garantit une quantité suffisante de CO2 pour soutenir le processus de photosynthèse des plantes. Ce CO2 est récupéré des gaz provenant de la combustion du gaz naturel.

La transition énergétique sous pression

« Nous avons pour ambition de renoncer complètement au gaz naturel d’ici 2040, comme le prévoit également l’accord sur le climat, » précise Dennis. « Nous voulons atteindre cet objectif en économisant de l’énergie et en passant à d’autres sources d’énergie, comme la biomasse, la géothermie et la chaleur résiduelle de l’industrie. Dans un même temps, nous devons pouvoir continuer à assurer la demande de CO2 nécessaire pour le processus de photosynthèse, et nous sommes donc à la recherche d’autres sources de CO2. Les résultats de cette recherche sont cruciaux pour notre processus de transition énergétique, car si ces sources de CO2 alternatives se révèlent insuffisantes, nous ne pourrons pas réaliser notre ambition. »

« Sur une base annuelle, nous avons besoin d’environ 2,5 mégatonnes de CO2 pour la photosynthèse dans l’horticulture en serres. En théorie, nous pourrions simplement le filtrer de l’air extérieur, mais en raison de son coût exorbitant, cette procédure est actuellement impossible à mettre en œuvre. Aujourd’hui, les fournisseurs, tels qu’Air Liquide, nous livrent ensemble environ 0,6 mégatonne par an. C’est une bonne chose, mais c’est naturellement loin d’être suffisant. »

Récupération du CO2 des déchets

« La solution la plus prometteuse à nos yeux est de récupérer le CO2 des entreprises de traitement des déchets. Ces entreprises brûlent le flux résiduel de déchets – la partie qui ne peut pas être recyclée. Ainsi, il est possible de récupérer le CO2 libéré lors de la combustion et de l’utiliser pour l’horticulture en serres. »

Par exemple, AVR – une entreprise de traitement des déchets résiduels – a mis en service la première installation de captage du CO2 à grande échelle sur son site de Duiven (Pays-Bas). Cette installation permet de transformer le CO2 gazeux sous une forme liquide, afin qu’il puisse être transporté par Air Liquide jusqu’à ses acheteurs du secteur de l’horticulture en serres.

« Il s’agit d’un projet extrêmement innovant et unique pour lequel nous sommes très enthousiastes. L’objectif est de pouvoir livrer chaque année 60 kilotonnes de CO2 au secteur de l’horticulture en serres. Et cela ne devrait pas s’arrêter là, car 6 nouveaux projets similaires sont déjà en cours. Mais, pour cela, nous avons également besoin du soutien des pouvoirs publics », conclut Dennis.

Contactez Arlo Saes si vous souhaitez plus d’informations.

Partagez